L’ironie mordante d’un écrivain

Karim Sarroub racaille
Par Youcef Zirem
(La Maison des Journalistes

Il y a plein d’Algériens qui ne se sentent pas bien en Algérie et, plus tard, quand ils viennent en France, ils découvrent qu’ils n’y sont guère mieux. C’est le cas du narrateur de ce précieux roman de Karim Sarroub, « Racaille », paru aux éditions Mercure de France.

D’un asile à un autre, au propre et au figuré. Le jeune héros de cette fiction était enfermé en Algérie et après bien des pérégrinations, il est une nouvelle fois interné du côté de Nancy. L’auteur de « A l’ombre de soi » (toujours chez Mercure de France, sorti en 1998) raconte l’Algérie et la France avec une douce ironie, mordante et lucide. L’écriture de Karim Sarroub, pleine de dénonciation, coule de source et captive l’attention du lecteur. « A Alger, une rumeur circulait le long des murs comme quoi notre président et son équipe rapprochée consultaient aussi la grand-mère du marabout pour des problèmes d’incompatibilité avec la jeunesse algérienne », écrit Karim Sarroub.

C’est justement ces incompatibilités infinies que tente de dire l’auteur dans cette fiction osée et alerte. Incompatibilités entre les idéaux et la réalité du monde d’aujourd’hui. Incompatibilités entre les slogans politiques et religieux et la vie de chaque jour. De Skikda, dans l’est algérien, à Alger et puis en France, l’ami de Mustapha se cherche mais il ne se retrouvera jamais.

« Racaille », le titre du livre est un mot rendu à la mode par un des candidats au deuxième tour de la présidentielle de ce grand pays, la France, patrie des droits de l’homme et des lumières. Racaille est un mot que n’aime pas beaucoup le narrateur. A bien des égards, le roman de Karim Sarroub est un cri de malaise généralisé ; un cri qui rappelle, avec douleur et tristesse, des tas de vérités qu’on n’arrête pas de cacher.

« Le jour où il y aura un pays arabe démocratique, un seul, réellement démocratique, ce jour-là je souhaite que tu penses à moi et que tu viennes te recueillir sur ma tombe », disait le père du héros de cette fiction à l’adresse de son rejeton.

Et depuis cette époque, c’est l’attente ; une attente qui semble interminable.


Racaille est interdit en Algérie


La course d’un enfant d’Algérie, par Laurent Wolf
Racaille, par Mustapha Harzoune
Voyage au bout de l’Algérie
, par Mohamed Aïssaoui
Les livres qu’on aurait voulu pouvoir écrire, par Hugo Marsan
Comment on devient fou, par Elsa Vigoureux
Momo le maudit, Livre Hebdo 

Karim Sarroub racaille

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9 réponses à “L’ironie mordante d’un écrivain

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  9. « Il y a plein d’Algériens qui ne se sentent pas bien en Algérie et, plus tard, quand ils viennent en France, ils découvrent qu’ils n’y sont guère mieux.  »

    Il se peut que Youcef Zirem ne parle là que de sa personne sans en avoir conscience.

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