Michel Onfray ou la conversion d’un hédoniste en gredin de la pensée

Michel Onfray ou la conversion d’un hédoniste en gredin de la pensée
C’est bien connu, la vaste majorité des rapports humains s’articule autour de la dépréciation d’autrui : pour être, il faut que l’autre soit moins, toujours un peu moins que soi. Après avoir refermé son livre, la première chose qui me soit venue à l’esprit était de regretter que la philosophie, aujourd’hui en France, soit incarnée par Michel Onfray. Si sa brochure est numéro un des ventes, ceci est dû uniquement à l’intérêt que suscitent encore Freud et la psychanalyse. C’est une manœuvre commerciale, sans intérêt et indigne. On assiste à un effondrement de la pensée au profit de la médiocrité et de l’ignorance totale, au profit du cynisme le plus bas. D’autant que la méthode, qui se veut savante exégèse, tient plutôt du procès stalinien. Car tout y passe, sans nuances, et c’est toujours à charge. Voici un livre qui contient la plus importante somme de délires jamais publiée sur la psychanalyse et, surtout, sur la personne de Freud. Face à de telles pratiques exécrables, il est urgent que patients comme praticiens répondent à ce faussaire qui ne craint ni la honte ni le ridicule.

C’est la première fois que l’on voit un hédoniste provoquer l’indignation de milieux aussi divers. Historiens, philosophes, éducateurs, artistes, sociologues, se posent la même question : qu’est-ce qui a pris Michel Onfray de présenter Freud à la fois comme un homme obnubilé par la célébrité, obsédé par l’argent, homophobe, avide d’honneurs, soucieux de sa réputation, misogyne, profasciste, antiféministe, admirateur de Mussolini, antisémite, défenseur de l’austro-fascisme du chancelier Dollfuss, anticommuniste qui a travaillé avec l’institut Goering pour que la psychanalyse puisse exister sous le régime nazi.

Parce que Freud a rédigé un jour une dédicace à l’intention de Mussolini, à la demande du père d’une de ses patientes, il est devenu un sympathisant nazi de la pire espèce. « En 1933, Edoardo Weiss, disciple italien de Freud, présente à celui-ci, à Vienne, une patiente qu’il a en traitement. Le père de celle-ci, Gioacchino Forzano, auteur de comédies et ami de Mussolini, accompagne sa fille. Au terme de la consultation, il demande à Freud de dédicacer un de ses livres pour le Duce. Par égard pour Weiss, Freud y consent : « A Benito Mussolini, avec le salut respectueux d’un vieil homme qui reconnaît en la personne du dirigeant un héros de la culture. »

Le Duce héros de la culture ? Sans évoquer le contexte de l’époque, il n’y a que Michel Onfray pour croire à la sincérité d’une telle dédicace, et n’y voir aucune ironie. En revanche, je ne crois pas l’avoir déjà lu ou entendu exprimer la moindre gêne concernant l’admiration débordante que portait Hitler à Nietzsche. Ni sur les passages misogynes et phallocrates de son idole : « On tient la femme pour profonde. Pourquoi ? Parce que chez elle on ne touche pas le fond. La femme n’est pas même plate. »

Même ses lecteurs les plus fidèles n’ont pas hésité à dénoncer une abjecte tentative de salir la mémoire d’un homme. Tout le monde a compris que Michel Onfray ne fait que développer une pensée personnelle sur le freudisme et la psychanalyse, en allant chercher dans des textes ce qui pourrait illustrer ou confirmer son opinion. Même son ami Siné n’en revient pas de lire autant de haine, gratuite et injustifiée, dans un livre où le fondateur de la psychanalyse est carrément « comparé au docteur Mengélé », écrit Siné dans sa chronique du 12 mai dernier.

Avec ce culot qu’on lui connaît, Michel Onfray ose écrire, comme le rappelle Jean-Luc Delut, page 39 :« Non pas détruire Freud, ni le dépasser, ni l’invalider, ni le juger, ni le mépriser, ni le ridiculiser… » Quand on lit son texte, il est légitime de douter non seulement de sa cohérence mais aussi de sa sincérité. La haine qu’il déclenche est proportionnelle à celle qui saisit le lecteur à chaque page. »

« Je ne suis pas philosophe. La philosophie sert aujourd’hui à commenter des livres. »
Régis Debray

Plus des deux tiers du livre sont truffés d’attaques sur la personne de Freud. Ça ne le dérange même pas de faire « un million de signes » avec ce qui a été dit et redit depuis plus d’un siècle. La seule chose que Michel Onfray croit nouvelle, mise à part cette haine inouïe à l’égard du fondateur de la psychanalyse, réside dans ce qu’il soutient à propos du complexe d’Œdipe. Pour Michel Onfray, comme pour beaucoup d’autres avant lui, Freud a pris son cas pour une généralité. Entendez par là : Moi, Michel Onfray, je n’ai pas d’Œdipe. (« Je m’entends très bien avec ma maman. ») J’espère que ses étudiants retiendront cette thèse : Freud serait le seul être humain à avoir développé un complexe d’Œdipe. Même Siné n’aurait pas osé publier une sottise pareille.

Je ne pensais pas qu’il pouvait être aussi narcissique, confus et brouillon. Ce n’était pas l’idée que je m’étais fait du bonhomme à travers mes lectures. Souvenons-nous de ses déclarations lors du coup de filet contre les anarchistes de Tarnac. Ce philosophe malotru et injurieux a tenu dans Siné Hebdo une chronique venimeuse à l’égard des «saboteurs de TGV.» Balayant la présomption d’innocence, à la surprise générale, il s’est carrément réjoui de leur arrestation. Ça ne l’embêtait pas de relayer la version des policiers et les bruits alarmistes d’une certaine presse. Onfray, comme tous les narcissiques, évolue dans la toute-puissance. Avec son air perpétuellement triste, en Surhomme de gauche authentique qualifié à délivrer des certificats de bonne contestation, il a traité ces jeunes gens de « crétins », de « rigolos », de « demeurés. » On sait comment l’affaire a évolué. Le dossier de ces jeunes qu’il a copieusement insultés est vide, et eux, ils sont libres depuis un bon bout de temps déjà. Il est regrettable que le philosophe le plus lu de France ait l’injure au bout des lèvres.

Michel Onfray a fait ce livre pour nuire, pas pour expliquer ou débattre, ce genre de livre qu’on écrit pour écraser l’autre et faire parler de soi, en allant jusqu’à inventorier les petits travers domestiques du personnage, en usant d’artifices dialectiques plus que détestables. Son idée du réel et l’utilisation qu’il en fait, entre autres délires, m’ont laissés pantois. Son réel est sans cesse renvoyé aux faits, les faits bruts et rien que les faits. Freud a fait ceci, ou cela, c’est écrit, donc c’est vrai et Freud ne peut être qu’un charlatan.

Un philosophe qui devrait ériger le doute en vertu, plutôt que d’affirmer ce qu’il croit être la Vérité, cela incite à la réflexion. « Cessez de croire aux faits bruts, » lui a lancé un psychanalyste, tout en l’invitant à penser comme Freud ce qu’est le libre arbitre : un concept farfelu. Excessif avec la réalité, comme avec tous les autres sujets qu’il traite, le réel finit par déborder. Seule solution pour Michel Onfray : le démolir à coups de massue. C’est un homme rongé par la toute-puissance, qui croit savoir tout sur tout. Un tel homme ne peut supporter, ou envisager d’accepter, en effet, un autre son de cloche. Il en est tout simplement incapable. Michel Onfray est un ignorant. Il a enseigné la psychanalyse durant deux décennies, il a lu tout Freud, mais il restera toujours un « savoir » qui lui échappera toute la vie. jacques lacan ne

Lisez Sénèque !

Tous les conseils sont bons pour dénigrer la psychanalyse et éloigner les patients. Même les plus farfelus. A Laurent Ruquier qui lui demandait ce qu’il avait, lui, à proposer, Michel Onfray a eu cette réponse: « Il faut lire Sénèque. » Il n’y a pas très longtemps, on a découvert David Servan-Schreber, un médecin ébranlé par la magie tibétaine qui conseillait, plutôt qu’une thérapie ou une psychanalyse, l’acupuncture, les thérapies par les jeux de lumière et de l’ombre, ou encore de bouffer des Omega 3 (Guérir sans la psychanalyse, Robert Laffont.) Aujourd’hui c’est au tour de Michel Onfray qui nous recommande de lire Sénèque. Moi je veux bien. Essayons. C’est peut-être, pourquoi pas, une solution pour désengorger les hôpitaux psychiatriques : une université populaire où psychotiques et schizophrènes seraient mêlés aux autres névrosés pour écouter Michel Onfray leur lire les Lettres à Lucilius.

« Etre psychanalyste, ou entreprendre une analyse, c’est simplement ouvrir les yeux sur cette triste évidence qu’il n’y a rien de plus cafouilleux que la réalité humaine. »
Jacques Lacan

J’ai rencontré toute sorte de critiques sur Freud et la psychanalyse. De ceux qui, à l’instar de Michel Onfray, affirment qu’ils n’ont pas d’Œdipe, en passant par ceux qui pointent la non scientificité de la théorie freudienne (comme si elle en avait besoin), d’autres qui n’y croient pas simplement parce que le thérapeute doit être payé, jusqu’à ceux qui considèrent Freud comme le gourou d’une secte. J’ai connu aussi ceux qui disent toute leur haine de la psychanalyse en public, mais qui lisent Freud et Lacan en privé.

L’argent et l’obsession du chiffre

« Mon livre fait 600 pages »; « Mon livre fait 1.000.000 de signes »; « Il contient 20 pages biographiques »; « Il y a eu 450.000 podcast pour mon cours» Un philosophe qui s’exprime  comme Hélène Ségara lorsqu’elle avance des chiffres sur les téléchargements de ses chansons.

C’est quand même un comble qu’il faille expliquer à un intellectuel, qui gagne des fortunes avec ses livres, l’importance de l’argent en analyse, en analyse comme ailleurs. De même quand il prétend que Freud faisait payer ses patients 450 € la séance, ce n’est rien d’autre qu’un de ses fantasmes. Ou encore ses incessantes accusations sur les prix des séances à chaque fois qu’il en a l’occasion. Comment peut-on soutenir que la psychanalyse est une supercherie tout en évoquant en même temps la question de l’argent ? Si la psychanalyse est une tromperie, ne devrait-elle pas être jugée seulement sur les résultats qu’elle apporte, ou n’apporte pas, plutôt que sur la question de l’argent ? La psychanalyse est-elle une supercherie qui coûte cher ? Ou est-elle une supercherie précisément parce qu’elle coûte cher ? Tous ces dizaines de milliers de praticiens et d’intervenants, sans oublier les patients, savent aujourd’hui de quelle façon le philosophe le plus populaire de France insulte le travail qu’ils font.

La mégalomanie chassée du Temple

Dans une autre émission, en parlant d’argent, Michel Onfray répète une énième fois ce qu’il croit être une vérité sur les prix des séances, puis il termine en faisant une allusion nauséabonde sur Gérard Miller, absent du plateau. Je voudrais témoigner ici, et affirmer, pour être proche de plusieurs personnes qui ont fait ou qui font encore une analyse avec lui, qu’aucun de ceux ou celles que je connais ne règle plus d’une trentaine d’euros la séance. Et ce n’est pas une exception car beaucoup d’autres psychanalystes pratiquent ces mêmes tarifs.

Michel Onfray ignore probablement l’existence des CPCT, ces Centres Psychanalytiques de Consultation et de Traitement crées en 2005 par l’Ecole de la Cause Freudienne, où des psychanalystes reçoivent, gratuitement, adultes et adolescents en cinq langues. D’autres CPCT ont depuis 2005 vu le jour dans les grandes villes de province. Les CPCT sont, avec les centres de consultation tels que les CMP, CMPP, Hôpitaux de jour, etc, des lieux où la psychanalyse est pratiquée à titre gratuit, quels que soient les revenus de celui ou celle qui vient frapper à leurs portes.

Michel Onfray n’a sûrement pas oublié ce qu’il écrivait dans son Traité d’athéologie : « Freud, auteur, tout de même, de L’Avenir d’une illusion, qui démonte absolument la religion et s’inscrit dans le lignage des grands textes déconstructeurs du religieux » [Bibliographie, athéologie, 1] Alors, que s’est-il passé depuis ? L’ange Gabriel est-il apparu au philosophe normand pour lui apporter la vérité sur la psychanalyse, comme il est apparu au prophète Mahomet pour lui dicter le Coran dans la grotte Hira ? Mystère.

A propos de l’attention flottante, la chose lui a pourtant été bien expliquée dernièrement par un psychanalyste lors d’un débat organisé par Philosophie Magazine. Michel Onfray a d’ailleurs donné l’impression d’un type qui comprenait enfin quelque chose, se bornant à répéter : « j’avoue que je ne connais rien à Jacques Lacan », laissant entendre par là qu’il connaîtrait l’œuvre de Freud. Chez Laurent Ruquier, il ne fera que ressasser ce qui arrange sa petite haine personnelle.

Les TCC (Théories comportementales cognitives)

Quiconque a déjà écouté les émissions de Michel Onfray sur France Culture a sûrement remarqué sa prédilection matérialiste pour le cognitivisme. Les TCC sont des thérapies qui ont cette étonnante particularité de vouloir «guérir» les sujets par des exercices plutôt pratiques, où la raison se réduit à encoder des informations, à cocher des cases et à lisser des courbes. Des méthodes pavloviennes ? Pire. Faisant fi de la singularité et de l’histoire subjective du sujet, les tenants du courant comportementaliste s’appuient sur les lois de l’apprentissage et des différentes formes du conditionnement mental pour expliquer la formation des symptômes. Exemple : vous êtes arachnophobe ? On va d’abord vous montrer des araignées, puis vous parler des araignées, et ensuite vous prendre par la main pour vous aider à toucher des araignées. Le tryptique. Concrètement, voici ce qui vous attend :

1 Information : informer le patient sur les araignées, distinguer les araignées dangereuses des araignées inoffensives,
2 Relaxation : apprendre à se calmer par des exercices de relaxation et des auto-instructions,
3 Action : observer puis toucher un bocal fermé contenant des araignées, laisser une araignée en liberté sur un bureau, toucher une araignée puis jouer avec, d’abord avec un crayon puis à mains nues, etc.

Et toute phobie disparaîtra d’elle-même. De la pure magie. Même durant les siècles les plus éloignés et les plus ténébreux on n’avait pas vu de telles méthodes où l’être parlant est, cette fois, vraiment pris pour un imbécile. De plus, les TCC sont des « thérapies actives » : le psychothérapeute ne se contente pas seulement d’écouter le patient, mais il échange avec lui, le renseigne, le bichonne en lui proposant des techniques et en lui donnant des conseils.

Tout en se gardant d’amalgamer souffrance et maladie mentale, on n’apprendra à personne qu’aucune étude n’a encore permis de donner naissance à des traitements efficaces des « maladies de l’existence », que sont les névroses, les dépressions, les angoisses, passions, addictions, volonté de se détruire, etc.

Homophobie

Comme Tariq Ramadan, Michel Onfray ose avancer que Freud était un homophobe qui considérait l’homosexualité comme une perversion. On se demande où il est allé chercher ça. En s’appuyant sur Le livre noir de la Psychanalyse, gros rapport de gendarmerie psychiatrique et pharmaceutique qui invente les « preuves » d’un Freud criminel, en tronquant les textes de ce dernier et en les interprétant comme des « aveux » idéologiques profascistes, anti-homosexuels, antiféministes, etc., Michel Onfray fait pire, en accusant Freud de toutes les tares possibles. Freud Homophobe ? Il ignore, ou feint d’ignorer, que pour le fondateur de la psychanalyse, la catégorie des homosexuels était distincte de celle des pervers. Michel Onfray ne dit pas que Freud considérait l’homosexualité et l’hétérosexualité comme étant chacune une limitation de la bisexualité. Il ne dit pas non plus que Freud employa finalement le terme non péjoratif de « variante » pour caractériser l’homosexualité.

Idem sur le prétendu antisémitisme de Freud. Comme le rappellent René Major et Chantal Talagrand, on croirait en effet lire un canular (dans Siné Hebdo) : « L’auteur n’hésite pas à dire que « Freud n’écrit jamais contre Hitler, contre le national socialisme, contre la barbarie antisémite », alors que, le jour même où Hitler est nommé chancelier, Freud écrit : « Nous sommes tous inquiets de ce qui va advenir du programme du chancelier Hitler dont la seule visée politique est les pogroms » et, dans la remarque préliminaire au Moïse en voie de rédaction, il est on ne peut plus explicite : « Dans le cas du peuple allemand […] on constate que la régression vers une barbarie presque préhistorique s’accomplit sans s’appuyer sur une quelconque idée de progrès. »

Le 10 juin 1933, il écrit aussi : « L’Allemagne est la pire cellule de la gigantesque prison qu’est devenu le monde […] Ils ont commencé en prenant le bolchevisme pour leur mortel ennemi mais ils finiront comme eux – à ceci près que, malgré tout, le bolchevisme a adopté des idéaux révolutionnaires alors que ceux de l’hitlérisme sont purement médiévaux et réactionnaires. » On a vu pas mal d’imposteurs mais Michel Onfray restera l’intellectuel le plus malhonnête que la France ait connu ces dernières années.

Ce que dit Freud est subversif, il interroge la volonté de maîtrise totale des hommes. C’est la raison pour laquelle il dérange tellement de monde, et ceci est normal. Que cherche à faire ou à dévoiler Michel Onfray à travers ce livre ? Il ne faut pas le croire quand il dit que c’est par souci de vérité. Se revendiquant de Nietzsche, dont il a l’air d’ignorer complètement les anticipations de la découverte freudienne [Aurore], il se croit fidèle à son maitre en pratiquant invariablement l’attaque, l’insulte et l’outrance. Avec sa vision absolument scolaire de la psychanalyse, bien plus à l’aise avec les petits ragots qu’avec les grands textes, les concepts, les faits et l’histoire elle-même, il se pose comme détenteur de la Vérité en toute chose. Philosophe du bavardage, odieux débatteur, j’ai rarement vu un intellectuel « prendre son pied » en se faisant critiquer autant que lui. « Tous ceux qui me traînent aujourd’hui dans la boue et multiplient les attaques ad hominem n’en disent rien. » (Le Point du 6 mai & Siné du 14 mai) Face à cette polémique autour de la psychanalyse, et dans laquelle Michel Onfray semble se satisfaire en prenant un rôle du martyre défenseur de la Vérité, rappelons-lui les conseils de son idole :

« Soyez prudent, vous, philosophes et amis de la connaissance, et gardez-vous du martyre ! De la souffrance “par amour de la vérité” ! Et même de vous défendre vous-mêmes ! Cela corrompt l’innocence et la subtile neutralité de votre conscience, cela vous rend obstinés à l’égard des objections et des chiffons rouges, cela abê !@#$%^&*, animalise, que de devoir finir, dans le combat contre le danger, le dénigrement, la suspicion, le bannissement, et de plus graves conséquences encore l’hostilité, par se donner le rôle de défenseur de la vérité sur terre : – comme si « la vérité » était une personne assez inoffensive et balourde pour avoir besoin de défenseurs !
Mettez-vous plutôt à l’écart ! Fuyez vous cacher ! Et ayez vos masques et votre finesse, de sorte qu’on vous confonde avec d’autres ! Faites le choix de la bonne solitude, la solitude libre, malicieuse, légère, celle qui vous donne même le droit de demeurer bons en quelque manière !
Comme toute guerre que l’on ne peut mener avec une franche violence rend venimeux, artificieux, mauvais ! Comme une longue peur, une longue surveillance des ennemis, des ennemis possibles, rend personnel ! Pour ne pas mentionner la balourdise de l’indignation morale qui, chez un philosophe, est le signe infaillible que l’humour philosophique l’a abandonné. Le martyre du philosophe, le “sacrifice de sa personne à la vérité”, fait apparaître au grand jour ce qu’il portait en lui d’agitateur et de comédien. »

[Nietzsche, Par delà bien et mal, section II, aph.25]

« La psychanalyse guérit-elle ? » lui demande un journaliste.
« Oui », répond Michel Onfray sans hésitation [devant un psychanalyste, fort courtois au demeurant, qu’il venait d’insulter sans raison apparente.]

C’est curieux, même quand il veut dire quelque chose en apparence positif sur la psychanalyse, il se trompe encore. Non, Michel Onfray, la psychanalyse ne guérit pas, ne guérit personne, contrairement à ce que vous croyez. La psychanalyse fait mieux : elle sauve.

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Quand Michel Onfray offrait Totem et Tabou de Freud à… Nicolas Sarkozy
Diogène Tonneau

Roudinesco déboulonne Onfray (page 1 ; page 2 ; page 3)

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Michel Onfray et le comble de la mauvaise foi


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24 réponses à “Michel Onfray ou la conversion d’un hédoniste en gredin de la pensée

  1. trop d’énergie, consacrée à ce pseudo intellectuel, trop de mots, et d’énervement; il n’en vaut pas la peine.

  2. Françoise Hazan

    Voilà qui est dit.
    Onfray est à la psychanalyse ce que Sarkozy est à la politique.
    S’est-il déjà allongé une seule fois dans sa vie sur un divan, ce nietzschéen, pour parler du viol qu’il a subi durant sa jeunesse ?
    La haine de la psychanalyse vient des parents (souvent de la mère), mais allez le lui dire…

  3. Le « roman » (sic) de Michel Onfray sur Freud est une véritable opération de diabolisation.

  4. Sur cette rencontre organisée par Philosophie Magazine (mensuel pour lycéens) entre Jacques-Alain Miller et Michel Onfray:

    Cette rencontre a fait un véritable « flop » dans la presse, dans le milieu intellectuel en général et dans le milieu psychanalytique en particulier, et j’en suis bien content.

    Le plus visible, en tout cas, est ce gros « merde » assourdissant, comme l’a souligné Roudinesco, un silence d’or, adressé à Onfray par tout le milieu de la profession, toute obédience confondue, en réponse à la sortie de son torchon racoleur dont vous avez dit Karim Sarroub l’essentiel.

    Michel Onfray doit être heureux comme un enfant (ce qu’il est toujours, je ne vous apprends rien) d’avoir été reçu par Jacques-Alain Miller et de voir son nom à deux centimètre du célèbre psychanalyste.

    Merci pour votre article, et particulièrement pour cette phrase :
    « Avec sa vision absolument scolaire de la psychanalyse »…

  5. Ecrire un roman de 600 pages sur la psychanalyse dont les deux tiers ne sont que ragots et insultes sur son fondateur et refuser de débattre à deux reprises avec une historienne de la psychanalyse, c’est simplement pathétique.

  6. Pulsion pour salir un homme, une théorie, une pratique, pour imposer la sienne. Michel Onfray nous aura inventé la philosophie thérapeutique !

  7. Je vous conseille le très bon livre qui relègue le traité d’athéologie de Michel Onfray au niveau du Da Vinci Code.
    Il démonte, point par point, ce traité et démontre la tendance actuelle de la naissance d’une nouvelle religion basée sur une somme de gourous pseudo philosophiques qui mentent par la propagande à outrance d’idées mensongères, au mieux rétrogrades. En utilisant à outrance le mensonge, comme vous l’avez vous-même relevé, qui plus il est gros, plus on le gobe.
    Rafraichissant :

    http://www.lelitteraire.com/article2091.html

    http://www.esprit-et-vie.com/article.php3?id_article=1439

  8. Merci pour les liens Le Veilleur !

  9. Oui c’est vrai, la psychanalyse sauve…
    Ce n’est pas difficile à accepter. En revanche, il faudrait savoir de quoi elle sauve : de la guérison peut-être?

  10. Le livre « Le Crépuscule d’une idole » fait le procès du père de la psychanalyse, accusé d’abus de confiance par un Michel Onfray qui a passé la robe du Procureur pour réclamer la peine de mort à titre posthume contre Sigmund Freud, au terme d’un réquisitoire sans nuance et débordant de haine. Habitué à de telles attaques, Freud se serait contenté de dire qu’elles ne font que « renouveler l’anathème officiel contre la psychanalyse ».

    Par son extravagant sous-titre, « L’Affabulation freudienne », Onfray se plaît sans doute à jouer avec le titre de l’ouvrage de Freud, « L’Avenir d’une illusion », dont on ne peut s’empêcher de penser qu’il a fait partie des écrits de Freud brûlés en place publique lorsque les nazis ont entrepris leurs autodafés en 1933, avec ces propos d’un dignitaire nazi : « Contre la surestimation de la vie sexuelle, destructrice de l’âme, et au nom de la noblesse humaine, j’offre aux flammes les écrits de Sigmund Freud. » Freud réagit alors avec l’ironie et le courage qui lui étaient coutumiers par ces mots : « Quels progrès n’avons-nous pas faits ! Au Moyen Âge, ils m’auraient brûlé vif ; aujourd’hui, ils se contentent de brûler mes livres. » En guise de progrès, Freud aurait mangé sa barbe s’il n’était mort le 23 septembre 1939, vingt jours après l’entrée en guerre de la France et de la Grande-Bretagne, donc avant la Shoah, c’est-à-dire avant que les nazis ne brûlent 5 à 6 millions de juifs, parmi lesquels quatre sœurs de Freud !

    Onfray a-t-il vraiment conscience du contexte dans lequel la psychanalyse a frayé sa voie, l’incroyable courage dont a fait preuve son fondateur face à l’hostilité de la morale bourgeoise de son temps, face surtout à la vague d’antisémitisme qui allait entraîner le peuple allemand, ce peuple si élevé en culture, dans la pire des régressions barbares ? Freud a fait œuvre civilisatrice. Le brûlot d’Onfray invite à un autodafé qui réveille le souvenir des vieux démons qui hantent l’histoire de nos sociétés et qui ont fait trembler la civilisation. Vouloir faire passer Freud pour un antisémite et un sympathisant du nazisme devrait bien sûr déclencher un gigantesque éclat de rire, à la proportion de l’énormité de la plaisanterie d’Onfray.

    En homme de son temps, conscient que nous vivons dans une « société du mensonge », Onfray a sans doute choisi d’en faire usage à son profit, sans état d’âme, appliquant à sa philosophie l’affirmation de Pierre Bourdieu : « La sociologie est un sport de combat », convaincu qu’il n’y a pas à mégoter sur les moyens quand on veut descendre son adversaire. Mais, comme pour Freud, il ne lit pas jusqu’au bout des phrases : « On s’en sert pour se défendre, pas pour faire de mauvais coups », poursuivait en effet Bourdieu. Onfray, lui, ne porte à Freud que des « mauvais coups », tout est prétexte à dénigrement. Ne martèle-t-il pas à sept reprises comme une litanie : « Freud ou moi ? » (« Libération » du 3 mai), comme il avait asséné les 18 attendus d’un extravagant réquisitoire (« Lire » n° 383). Dans sa folle comparaison avec Freud, il s’exclame : « Qui est le complice du fascisme historique ? Freud ou moi ? » Onfray fasciste ? Sûrement pas : juste un peu stalinien !

    « Mais pourquoi tant de haine » contre Freud, pourquoi une telle volonté de nuire à la personne ? La réponse, Onfray a pris la peine de la suggérer : ses écrits sont une manière d’autobiographie. Les racines de sa haine transparaîtront donc clairement à la lecture de son « Autobiographie de ma mère », du « Corps de mon père » ou de l’« Esthétique du pôle Nord ». Le plus péjoratif dans son agression n’est peut-être pas tant l’attaque contre Freud que l’orgueil démesuré dont il fait montre en donnant à penser que tous ces grands esprits qui ont rendu hommage à la pensée freudienne ont été assez niais pour se laisser berner par un fabulateur.

    Parmi ces demeurés, je pense à Paul Ricoeur, à Gaston Bachelard, à Claude Lévi-Strauss, mais on pourrait en citer dix, cent, mille, et plus encore, de ces imbéciles qu’Onfray renvoie à leur chères études. Onfray, grand donneur de leçons, déclare avoir choisi de sortir de l’ombre les (philosophes) oubliés de l’histoire – piège de son « contrat filial » – tout en assassinant, au nom de la cause du peuple sans doute, ceux qu’il estime trop honorés. Peut-on s’en étonner ? Quand un type nommé Onfray, avec cet air glacial, amène son père en vacances au pôle Nord, on peut s’interroger sur l’éventualité d’une intention cachée de le refroidir ! Freud, lui, en a vu d’autres, il est toujours debout.

  11. Bjr Karim Sarroub,

    On s’est moqué de Michel Onfray dans Telerama :

    « Il faut alors tirer les conséquences d’une telle posture toute-puissante et envisager en souriant la conséquence farfelue qu’elle implique : Michel Onfray n’a pas d’inconscient. Ce qui ne l’empêchera, naturellement, ni de rêver, ni de faire des lapsus, ni de réussir ses actes manqués, ni de renouveler ses symptômes (et de se bourrer de médicaments) ; pas plus que de déployer cette stratégie héroïque, pathétique et grosse comme un symptôme, pour ne pas être mis en face de lui-même. Mais il n’en saura probablement jamais rien…

    Toujours se souvenir avec émotion de l’adage ironique de Jacques Lacan, corrigeant Descartes : « Je pense où je ne suis pas, je suis où je ne pense pas. »

  12. Bonjour Karim, je voudrais vous remercier d’avoir rappelé l’affaire de Tarnac dans cet article car elle illustre impeccablement le mode accusatoire de Michel Onfray. Autrement dit, et vous l’expliquez très bien à propos de Freud, on accuse et on démolit sans preuves et sans avoir compris quoi que ce soit. Juste « l’impression d’avoir compris » suffit chez Michel Onfray.

    Je reprends votre passage car l’affaire a pris de nouveaux rebondissements.

    « Souvenons-nous de ses déclarations lors du coup de filet contre les anarchistes de Tarnac. Ce philosophe malotru et injurieux a tenu dans Siné Hebdo une chronique venimeuse à l’égard des «saboteurs de TGV.» Balayant la présomption d’innocence, à la surprise générale, il s’est carrément réjoui de leur arrestation. Ça ne l’embêtait pas de relayer la version des policiers et les bruits alarmistes d’une certaine presse. Onfray, comme tous les narcissiques, évolue dans la toute-puissance. Avec son air perpétuellement triste, en Surhomme de gauche authentique qualifié à délivrer des certificats de bonne contestation, il a traité ces jeunes gens de « crétins », de « rigolos », de « demeurés. » On sait comment l’affaire a évolué. Le dossier de ces jeunes qu’il a copieusement insultés est vide, et eux, ils sont libres depuis un bon bout de temps déjà.  »

    Voici le lien quant à ces nouvelles révélations.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111111.OBS4338/tarnac-la-justice-enquete-pour-faux-apres-une-plainte-contre-la-police.html

    Rappelons aux lecteurs que Julien Coupat est un des fondateurs de l’éphémère revue philosophique française Tiqqun.

    Toute l’affaire (ou quasiment) est relatée sur Wikipedia.

    Je sais que je ne crains pas la censure ici mais je tiens à souliogner que ce commentaire (mot pour mot) a été censuré sur deux sites, dont un qui est consacré à Michel Onfray. Je ne faisais pourtant rien d’autre que rappeler les faits et les bourdes de Michel Onfray.

  13. Onfray c’est « le philosophe de télé » type, un peu comme B.H.L. mais encore plus bête et nettement plus inculte et prétentieux. Un type qui parle de psychanalyse sans avoir jamais lu aucun ouvrage important de Freud, qui ne connaît rien à son sujet, au point de faire des contresens grossiers. Il ne se rend même pas compte qu’il est antisémite, comme la grande majorité des trotskistes, alors que s’il avait lu le dernier ouvrage de Freud « L »Homme Moise et la religion monothéiste » il en serait peut-être conscient. Un bon client pour les médias en somme, creux, pérorant les clichés les plus beaufs, ignare, et sûr de lui. Il devrait s’inscrire chez les Verts, bientôt sénateur? Sinon il pourrait être présentateur sur canal, ou faire du cinéma, ils aiment bien les beaux cons dans le cinéma français. En plus il a au moins une qualité, il s’exprime à peu près de façon audible pour le vulgus pecus.

  14. Pingback: Michel Onfray et le comble de la mauvaise foi | Karim Sarroub – Site officiel

  15. « Son livre n’est pas destiné à penser, mais à fournir une jouissance. »

    http://www.humanite.fr/node/5523

  16. À quoi servent Michel Onfray et l’intense campagne médiatique autour de son livre ?

    Nous sommes actuellement soumis à une intense campagne médiatique autour d’un livre événement : Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, de ­Michel Onfray. Selon les paroles mêmes de son auteur, l’ouvrage serait le résultat de cinq mois de lecture, pendant lesquels, ­Michel Onfray aurait lu tout Freud et en aurait tiré un point de vue définitif. Cette prétention contraste fortement avec la multiplicité des débats contradictoires entre les diverses écoles de psychanalyse ou, par exemple, avec le travail de Jacques Lacan qui, après plus de cinquante ans de lecture, en était toujours, lui pauvre humain, à approfondir son interprétation et à faire évoluer ses hypothèses. Alors que l’exhibition d’une telle toute puissance devrait prêter à sourire, elle est généralement tenue comme une garantie de la qualité de son travail et du caractère de « chercheur infatigable » attribué à l’auteur. Michel Onfray est présenté comme l’icône, l’image de l’incarnation de la vérité comme « toute ». Il s’offre en tant que vérité qui se fait voir, qui ne se présente pas à la raison, mais au regard, à la pulsion scopique. Son livre n’est pas destiné à penser, mais à fournir une jouissance. Il s’agit d’une vérité qui s’énonce sans vouloir se heurter, ni aux faits ni à une interprétation. Elle n’est pas relative, elle se présente comme la chose absolue. Elle n’a besoin d’aucun support, d’aucune extériorité. Elle est la Theoria qui se fait monde et qui jouit d’elle-même. Simplement, Onfray fait une fixation sur Freud qu’il réduit à une image rivale.

    Sa «lecture » de Freud présente deux caractéristiques complémentaires. Sans note ni référence, elle ne doit rien à personne, elle ne se fonde formellement que sur elle-même. Il s’agit du travail d’un self-made-man. Tout ce qui est affirmé est présenté comme nouveau, n’ayant aucune filiation ni intellectuelle ni historique.

    Enfin, il s’agit d’une lecture à la lettre. Si Freud a théorisé la pulsion de mort et a montré son rôle dans l’histoire des sociétés humaines, c’est qu’il est un adepte de l’abandon à ce mécanisme pulsionnel. Sa théorisation est ainsi anticipation de la barbarie nazie et porterait une responsabilité des génocides commis. Une identité est établie entre l’énonciation du mot et la chose elle-même. Comme disent les enfants : « c’est celui qui le dit qui l’est. »

    Aussi, Freud, en faisant du meurtre du père imaginaire, donnant existence à un père symbolique, un principe fondateur d’une société spécifiquement humaine, aurait assassiné Moïse, le père de la loi judaïque, favorisant ainsi la solution finale des nazis contre le peuple juif. Le caractère autoréférentiel de la méthode, l’identité construite entre l’utilisation d’un concept et l’intentionnalité attribuée à son auteur représentent les deux faces d’un même procédé, placé au coeur du mode opératoire utilisé par Michel Onfray : les choses existent car il les a énoncées. L’enfant tout puissant opère un déni de la fonction du père. Il ne veut pas le tuer, mais occuper la place du père imaginaire. Ainsi, il est dans l’air du temps, comme rouage d’une machine déjà bien ­installée dans la postmodernité.

    Historiquement, la psychanalyse a été combattue par les régimes fascistes et nazis, comme « science des juifs » et stigmatisée par la droite catholique, à cause de sa référence à la sexualité. Si le philosophe athée et hédoniste se trouve en une telle compagnie, ce n’est pas pour les mêmes raisons. Dans les États ­fascistes et nazis, ce qui fait lien entre les hommes est mythique. À l’ordre symbolique, au lien ­social, doit se substituer l’imaginaire. Dans la postmodernité, dont Michel Onfray est un héraut, ce qui explique sa grande médiatisation, tout ordre symbolique, même imaginaire, doit être anéanti. L’enfant tout puissant, figure centrale de cette nouvelle période historique, ne peut connaître aucune limite. La dimension sociale de l’humain est déniée. À l’ordre de l’ancien testament qui repose sur la gestion de la ­violence, Michel Onfray oppose une humanité hédoniste, uniquement habitée par la pulsion de vie, orchestrée par un dieu païen prônant une jouissance sans limite. Si on n’est pas aveuglé par cette notion d’un dieu solaire, on retrouve là la spécificité des valeursde la postmodernité.

    Actuellement, la psychanalyse est particulièrement attaquée. La Grande-Bretagne est à la pointe de ce combat. Un projet de loi est en discussion visant à empêcher concrètement sa pratique. Cet exemple extrême fait partie d’une tendance générale. Ce livre en est un élément.Pour dénier la psychanalyse, tout est bon : inventer des faits, fabriquer des révélations, privilégier la rumeur face au réel. Dans cette entreprise, l’auteur est assuré d’obtenir tout le soutien nécessaire.

    Ce qui est dérangeant dans la psychanalyse, c’est qu’elle repose sur le manque, qu’elle montre à l’homme qu’il ne peut être le tout. Dévoilant sa castration à l’individu, elle fait de la reconnaissance de celle-ci, la condition de l’émergence d’une parole. À l’opposé de Michel Onfray, elle nous montre que l’existence d’une société humaine repose sur l’interdiction de l’inceste, non pas du corps-à-corps dans lequel on est habitué à la penser, mais dans la ­séparation de l’individu d’avec la mère symbolique, aujourd’hui l’État maternel. La psychanalyse est un instrument indispensable pour faire face au déni de ­l’humain. Elle nous est nécessaire pour sortir d’un processus de régression qui nous ramène au stade le plus primaire du narcissisme, celui de l’auto-érotisme, de la non-­distinction entre intérieur et extérieur, dans lequel Onfray veut s’enfermer.

  17. Le seul problème d’Onfray est son traumatisme non résolu (sans doute des attouchements, voir plus) provoqué par un prêtre dans une école chrétienne qu’il fréquentait. A partir de là, il a développé son ressentiment contre un christianisme complètement fantasmé. Ecrire que le Christ est l’anti-corps est la plus grande absurdité que j’ai jamais entendu !
    Pour le reste, paix à lui ! Comment parler d’amour (agapé), avec quelqu’un d’aussi blessé intérieurement et qui a (re)construit son identité sur un rejet ?

    • d'être stupide

      Apaisée, vous ne savez rien ou très peu du christianisme. L’ascétisme, qui implique le jeûne, la prière, la méditation, la mortification, l’abstinence sexuelle etc. et qui est beaucoup pratiqué et théorisé dans le christianisme, est en soit une marque indéniable de la haine du corps dans cette religion. Quelle est alors la plus grande absurdité que vous ayez jamais entendu ? Ensuite, je pense que c’est vous qui avez été attouché dans votre enfance, et peut-être même peu de temps avant d’écrire ce commentaire… Comment peut-on considéré que quelqu’un qui a un point de vue différent du sien, a forcément été victime d’attouchement ? Il faut être débile ou en avoir été victime soi-même ! Enfin, arroseuse arrosée, avez écrit votre commentaire en le fondant sur le rejet, alors que vous reprocher à Onfray de fonctionner de cette manière ! Voila. Je ne suis pas d’accord avec beaucoup de ce que dit Onfray, car je le trouve souvent approximatif et partial. Mais les gens dans votre genre le sont encore plus.

  18. Ta tolérance a pour seuil ta réflexion.

  19. Personnellement, je n’aime pas les psychologues. Et je ne crois pas que la psychanalyse puisse véritablement guérir les gens. En fait, on a l’impression que Freud est un sorte de prophète dont la parole est la vérité ad æternam et qu’elle ne doit en aucun cas être remise en question.

  20. une sorte*

  21. Vanille Fraise

    Je vous recommande la lecture (si ce n’est déjà fait!) du « Michel Onfray, une imposture intellectuelle » de Michael Paraire.

    http://www.amazon.fr/Michel-Onfray-une-imposture-intellectuelle/dp/2361940183/ref=cm_cr_pr_product_top

  22. Michel Onfray est à ranger au fond d’un tiroir.
    C’est le genre d’intellectuel qu’il ne faut ni lire, ni écouter

  23. Pingback: Elisabeth Roudinesco répond au navet anti Freud de Michel Onfray | C.I.E.U.X.

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