Momo le maudit

karim sarroub racaille
Article paru dans le Livre Hebdo n°689
(8/12/2006)

Français d’origine algérienne – et surtout pas « beur », il insiste -, Karim Sarroub est né en 1969 à Skikda, l’ancienne Philippeville. Comme Mohamed, son héros. Une petite ville d’Algérie, tranquille et traditionnelle en apparence. Mohamed et son meilleur pote, Mustapha dit Mus, approchent de l’adolescence. La vie qu’il a devant lui ressemble à un tunnel sans espoir. Il passe son temps à faire les quatre cent coups, à se masturber sur les toits, et à cracher sa révolte. Car, depuis le jour de sa circoncision, Mohamed est partie en guerre contre ce qui constitue le fondement de l’Algérie moderne : l’islam et la religion musulmane. Il blasphème, il honnit l’hypocrisie du gouvernement, la barbarie des assassins islamistes, la misère sociale et sexuelle des jeunes.

Il a la dent dure, un humour au vitriol qui n’épargne rien ni personne, même pas le pourtant très consensuel Enrico Maçias, l’une de ses bêtes noires, qu’il appelle ironiquement « le Bob Dylan de l’Algérie française »  et dont il moque son accent quand il chante. Quant il exagère trop, on l’interne dans un hôpital psychiatrique, où se retrouvent tous ceux qui rejettent l’Etat, le système algérien, un pays où ils ne veulent pas vivre.

Alors que faire ? S’enfuir en France, vers où il embarque clandestinement, sans papiers. Et seul : Mus n’a pas suivi. Après une étape à Constantine et ses bordels, la rencontre à Alger d’un marabout particulièrement cynique et pessimiste, Mohamed débarque à Marseille, et connaîtra un certains nombre de mésaventure, comme on en lit tous les jours dans les journaux. Sa quête s’achèvera à Nancy, dans un centre de rétention, où il semble bien devenir définitivement maboul.

Le plus réussi, c’est la peinture par Karim Sarroub de l’Algérie d’aujourd’hui, de l’intérieur et sans concession. Sa rage aussi bien contre le président Bouteflika et sa clique que contre les « beurs » de France qui lui font honte et qu’il déteste. Apôtre du politiquement incorrect, il n’est pas tendre non plus avec la politique de l’immigration menée ici, à la fois inique et incohérente.

Racaille est interdit en Algérie

Les livres qu’on aurait voulu pouvoir écrire, par Hugo Marsan
La course d’un enfant d’Algérie, par Laurent Wolf
Racaille, par Mustapha Harzoune
L’ironie mordante d’un écrivain, par Youcef Zirem
Comment on devient fou, par Elsa Vigoureux
Voyage au bout de l’Algérie, par Mohamed Aïssaoui

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8 réponses à “Momo le maudit

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