Il faut aider Youcef Dris

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Youcef Dris

« Et pourquoi ni vous-mêmes ni votre maison d’éditions ne vous êtes-vous donc malheureusement pas élevés contre cette osée manière de faire, pour le moins assez malhonnête ? »

Propos recueillis par Slemnia Bendaoud, philosophe et écrivain |  Algérie News

Slemnia Bendaoud : Vous avez,  Youcef Dris, une manière assez singulière d’écrire. Est-ce le fait que vous étiez d’abord journaliste à El Moudjahid ?

Youcef Dris : C’est sans doute vrai, mais du fait que cette histoire s’est passée dans ma famille, le compte-rendu du texte est plutôt très proche de la réalité. D’où peut-être cette simplicité dans le style narratif.

Slemnia Bendaoud : Votre roman fait défiler à grande vitesse des événements importants dont leur développement aurait pu donner plus de volume à votre roman. Pourquoi avoir alors eu ce recours à juste les effleurer ?

Youcef Dris : L’histoire en elle-même était entourée de tabous vu le contexte, l’époque et la différence sociale entre les deux familles en « conflit ». Les personnes impliquées souhaitaient pour des raisons différentes taire ces « fâcheux événements », et surtout éviter qu’elles ne soient rendues publiques. C’était un exercice fastidieux et délicat que de raconter l’histoire d’un amour défendu en ménageant les susceptibilités, d’autant plus que lorsque j’ai entrepris d’écrire ce roman, certaines personnes de mon entourage (impliquées directement ou indirectement) étaient encore en vie.

Slemnia Bendaoud : Pourquoi avoir choisi presque sciemment d’occulter l’incidence de la période 1954-1962 sur la vie de Dahmane ? Est-ce parce que sa vie amoureuse se termine au milieu des années quarante du siècle dernier ?

Youcef Dris : Le but de cet « exercice » était d’écrire une histoire d’amour impossible entre deux jeunes de différentes origines dans un contexte « d’apartheid » qui ne disait pas son nom. Deux jeunes amoureux qui avaient osé défier les convenances, sachant que cela allait les exposer aux pires sanctions, particulièrement pour le jeune arabe. Donc le sujet traité était bien défini au départ.

Slemnia Bendaoud : L’histoire de votre roman, en dehors qu’elle soit vraie, est très bouleversante par moments. N’avez-vous pas pu trouver un moyen de la porter éventuellement à l’écran ?

Youcef Dris : En effet, lorsque le livre avait paru, beaucoup de lecteurs m’avaient suggéré de porter l’histoire à l’écran. N’étant pas scénariste, je n’avais pas voulu m’y aventurer. Pourtant sur instance de mon entourage et de quelques amis de la profession, j’ai écrit un scénario qui est quelque peu différent du roman, et là je réponds un peu à votre précédente question, pour ce qui est de la période 1954/1962. Rendant hommage à la Révolution algérienne et pour son le 50e anniversaire, j’ai « fait partir Dahmane au maquis », fuyant de la prison.  Ainsi, cette période, on la retrouvera explicitement dans le film qui sera réalisé bientôt, adapté de cette histoire. Là, j’ai évoqué cette période plus longuement. Mais l’essentiel de l’histoire d’amour demeure fidèle au roman. Sans changement notable.

Slemnia Bendaoud : Pour tous les lecteurs qui auront lu en premier « Ce que le jour doit à la nuit » de Yasmina Khadra, ils ont cette impression qu’ils revoient le film en question,  mais d’une autre façon. D’où viennent toutes ces autres étranges similitudes ? Qui a singé l’autre ? Vous ou lui ?

Youcef Dris : Vous employez le verbe « singer », c’est tellement différent des avis de celles et ceux qui ont réagi sur Internet ou dans les rares articles de presse qui ont évoqué le sujet. Je  me suis jusqu’alors, très peu prononcé sur cette histoire. J’ai répondu à quelques personnes qui insistaient, que les similitudes dans les deux textes pouvaient être considérées comme de l’intertextualité probablement. Comment pourrais-je donc singer ou copier un autre auteur, alors que je ne fais que relater une histoire absolument vraie qui concerne ma propre famille ? Le faire ne serait que synonyme de travestir cette tangible réalité. Et puis, vous n’avez qu’à considérer l’antériorité de mon écrit pour deviner d’où vient le problème et qui en est responsable.

Slemnia Bendaoud : Et pourquoi ni vous-mêmes ni votre maison d’éditions ne vous êtes-vous donc malheureusement pas élevés contre cette osée manière de faire, pour le moins assez malhonnête?

Youcef Dris : Pour ma part, et sur l’insistance des uns et des autres, j’ai répondu que c’était à mon éditeur d’éclaircir cette histoire quant aux nombreuses similitudes qui existent entre mon roman et celui que vous évoquez  plus haut, dans la mesure où j’ai cédé mes droits, dès le départ, à ma maison d’édition. Donc, en tant que propriétaire des droits de ce roman, c’est à ma maison d’éditions de réagir (ou pas). Donc, il serait judicieux de se rapprocher de Dalimen éditions pour connaître la position de sa direction sur ces faits qui ont fait couler tellement d’encre des deux rivages de la Méditerranée, et même bien au-delà.  Quant à moi, le fait que l’on ne cesse de parler si longuement de mon roman, et ce, depuis sa parution en 2004 jusqu’à ce jour encore, prouve que l’histoire  a plu aux profanes et aux professionnels. Donc, que l’on reprenne une partie de cette histoire à d’autres fins, ne me dérange nullement lorsque l’éthique est respectée dans son intégralité. Au contraire, j’ai la satisfaction d’avoir « pondu » une belle histoire. Qu’elle soit « singée », c’est bien! Moi, j’ai raconté la toute vraie. Celle que je connais parfaitement, sur le bout des doigts ou par cœur. En faire un film, une pièce théâtrale ou raconter l’histoire ici et là m’honorerait, dans la mesure où les droits moraux et autres, des uns et des autres, soient préservés. Tout le reste n’est, par contre, qu’une question de conscience. Ma conscience, à moi, est bien tranquille. La copie de la similitude est pourtant bien ailleurs. Pour preuve : mon roman est le premier arrivé sur le marché (en 2004). Et ça, ça veut tout dire. Tout autre écrit (postérieur à cette date, comme c’est le cas aujourd’hui) qui se rapproche de son histoire est donc objet de reproches, sujet à suspicion, sur le plan de l’éthique.

Par Slemnia Bendaoud, philosophe et écrivain |  Algérie News, 28/12/13


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64 réponses à “Il faut aider Youcef Dris

  1. Le prédateur Yasina Khadra risque de récidiver. Il est l’un des parrains du « Livre Francophone », un concours de manuscrits. Ca me rappelle comment ce plagiaire a contacté, en 2004 des éditeurs algériens pour leur faire croire qu’il initiait, en sa qualité de directeur du CCA,un prix littéraire qui allait récompenser de nouveaux auteurs algériens. L’éditeur Dalimen est tombé dans le panneau en lui offrant 3 nouveaux romans dont Les Amants de Padovani de Youcef DRIS. De prix littéraire, il n’y en avait point. Par contre Khadra a publié en 20O8 son roman ce que le ,jour doit à la nuit, copie conforme du roman de DRIS. Dalimen édition n’a pas osé porter cette affaire en justice, connaissant la position privilégiée de cet ancien des services auprès du pouvoir algérien qui donnait des subventions aux éditeurs algériens. Les responsables de cette maison d’édition avaient plus à gagner en s’aplatissant devant l’autorité que de l’ester en justice ce qui serait un suicide pour cette maison. Aussi, je conseille à tous ceux qui souhaitent concourir au « Livre francophone » de protéger leurs oeuvres, sinon ils les retrouveraient plus tard publiés sous le nom de Yasmina Khadra.

  2. Pingback: Pillages & plagiats : Mémoire de Master Académique: Les amants de Padovani de Youcef Dris / Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina Khadra | Karim Sarroub

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